24/08/2015

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Voilà quelques semaines maintenant que tu es avec moi. Nous partageons ce corps, ce véhicule. Un petit renfoncement dans le bas de mon ventre et mes seins gonflés trahissent déjà ta présence pour ceux qui y prêteraient attention. Nous ne nous connaissons pas encore très bien. Toi, tu n’as même pas encore conscience d’exister et moi mon existence se résume maintenant à toi, toi que je ne connais pas. Tu comptes sur moi et je dois te donner le meilleur. Difficile de penser à autre chose qu’à toi, lové là, qui attends des tas de choses. J’imagine ce que sera notre vie ensemble, à trois, ce que sera ta naissance, je te vois téter mon sein, j’imagine ton visage et tes cheveux collés à ton front lorsque tu viendras au monde. Mais je pense aussi beaucoup aux poussettes, auto, siège auto, cosy, maxi-cosy, super-extra-maxi-cosy, berceau, peinture, décoration, babycook, babygros, babyliss (euh, non, celui-là c’est un intrus). Et surtout je pense à moi et à ton papa. Sais-tu que depuis plus de 6 ans nous vivons en harmonie la plupart du temps et que tu vas venir – excuse-moi du terme – tout foutre en l’air ? Que sera notre vie après toi ? Nous aimerons-nous ? Nous souviendrons nous de ce jeune couple amoureux et libre que nous avons été ? Serons-nous assez insouciants pour t’élever dans la paix, la joie, le partage, le jeu, les histoires, les rêves ? Saurons-nous toujours nous disputer puis discuter puis pardonner ? Ferons-nous toujours l’amour ? Est-ce que ce sera mieux ? Moins bien ? J’attends beaucoup de toi, je crains beaucoup de toi, tu me fais peur, tu es puissant, tu es tout le temps là, je n’ai pas de repos, pas de répit. Qui es-tu, que veux-tu ? As-tu ce dont tu as besoin petit d’homme ? Entends-tu mes pleurs lorsque la peur devient trop forte ? Que penses-tu de ça ? As-tu peur ? Es-tu triste ? Ne crains rien, petit d’homme, ta maman est un être d’émotions et de pensées. Elle ne sait pas trop vivre sans gamberger mais tu peux peut-être lui apprendre ?