15-02-2016

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Ensemble on est allés à Venise, on est allés à Londres et à New-York. En Corse, au Monténégro. On est aussi allés au lac de Salvagnac un jour de neige et on a fait des dérapages en voiture sur le parking. On s’est ennuyés l’un contre l’autre des jours entiers, savourant chaque minute de douce oisiveté. Nous avons passé des journées sans se laver et d’autres en pyjama et nous avons continué à nous trouver beaux, et nous avons continué à penser que l’odeur de l’autre était la plus chère que nous ayons. Nous avons passé des heures sans parler et d’autres à refaire le monde, nous avons passé des heures à nous engueuler. Mais pas tant que ça. Un jour nous nous sommes presque séparés mais je ne sais plus vraiment pourquoi. Un jour nous avons fait l’amour et sans que nous l’ayons décidé tu étais là. Depuis, je me suis demandée mille fois quelle sera notre vie quand tu seras là, entre nos bras. Où irons-nous avec toi ? Où irons-nous sans toi ? Quels chemins parcourras-tu sans nous et à combien de cartes postales aurons-nous droit ? Je rêve nos après-midis en chaussettes, sans mettre le nez dehors, ça finira forcément par des crêpes. Et si tu n’aimais pas les crêpes ? Peut-être irons-nous courir sur la plage ou escalader les rochers des Calanques, curieux du moindre coquillage, de la démarche des crabes. Tu bronzeras sans doute mieux que moi. Toi et ton papa, vos peaux dorées, vous moquant de moi et de mes coups de soleil attrapés en deux minutes à attendre une glace. Je rêve les super p’tits dej du dimanche matin, quand nous aurons le temps, quand nous nous en foutrons de la chambre à ranger et de la vaisselle accumulée. Je crains ces autres jours de stress et l’histoire lue trop vite, le baiser trop léger sur ton front, le ‘bonne nuit’ sonnant creux parce que pas le temps, la vaisselle, le linge, le boulot, l’envie d’être à soi, enfin. Je crains ta venue autant que je la rêve.