03/10/2015

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Mon bébé ça fait 11 semaines maintenant que tu es avec moi. La semaine dernière, nous avons fait notre première échographie. Nous savons maintenant que tu naîtras aux environs du 17 avril. Encore tout ce temps avant de te rencontrer ! Côté moral, les deux dernières semaines n’ont pas été top, j’en veux beaucoup aux gens autour de moi de ne pas me traiter différemment. Et en même temps, lorsqu’ils me traitent différemment, ça m’énerve aussi. Je me sens souvent seule en fait. Toi et moi, on est dans le même bateau 24h/24 et on sait ce que c’est de vivre toute notre vie ensemble. Je trouve compliqué d’être enceinte à plein temps dans un monde qui continue à tourner normalement. Mon monde à moi a déjà tellement changé. J’ai l’impression que même ton papa est sur un autre rythme. C’est normal d’ailleurs. Ce temps qui me paraît long doit lui paraître, à lui, interminable. J’ai encore souvent mal au ventre, à l’estomac surtout. J’ai beaucoup de mal à manger. Tout me fait envie mais rien ne passe. Ça m’inquiète beaucoup car je crains de ne pouvoir te donner ce dont tu as besoin. Peut-être que c’est parce que je ne m’alimente pas bien vis-à-vis de tes besoins que mon corps réagit comme ça… Ou alors c’est le stress, cette solitude, l’impression que les considérations de tous les gens autour de moi sont futiles, l’impression permanente que ce que je fais au quotidien n’a aucune importance. C’est vraiment dur de se sentir bloquée comme ça en permanence, je voudrais tellement dévorer tous les aliments, me régaler de la vie pour te transmettre tout ce plaisir. Pour enfin pouvoir me dire, « Oui, je suis une femme enceinte épanouie ». J’ai l’impression de ne rien faire comme il faut. J’ai mal au dos, j’ai mal quand je mange, je suis énervée, irritable, j’ai peur, je n’arrive pas à me détendre, j’oublie même parfois de respirer  et je pense déjà au jour de ta naissance, ce jour où il faudra qu’enfin je lâche prise. En suis-je capable ? Pourrai-je te faire naître comme je le désire ? Dans l’intensité et dans la vérité de ce moment sensé être unique ? Que de doutes mon bébé ! Et pourtant, j’ai tellement hâte que tu sois là. Je ne voudrais pas que tu penses que c’est ta faute, je ne voudrais pas que tu croies que je te regrette car franchement, je ne me suis jamais sentie aussi sûre de moi qu’aujourd’hui. C’est grâce à toi. Tu me donnes plein de force. J’ai juste peur de te pas être à la hauteur. Tu mérites une maman épanouie et détendue, une maman qui sait manger des bonbons et des gâteaux et du camembert rôti. Qui n’a pas tout le temps mal quelque part et entraîne sa famille dans ses douleurs. Les douleurs. Depuis quand n’ai-je pas eu mal ? Je ne passe aucune journée sans conscience d’une douleur quelconque. Et mes douleurs tourbillonnent, le ventre, le dos, le sexe, les muscles, le ventre, le dos… Pardonne moi mon bébé.