01/10/2016

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Autour de Madie il y a un papa et une maman.

Il y a deux papis, deux mamies. Quoi qu’on ne les appelle pas pareil. Papi mamie. Papé Ménou.

Il y a une tante, un oncle.

2 cousins, une cousine.

Une arrière-grand-mère qui à 80 ans bien sonnés se tient encore presque tous les jours derrière le comptoir de son magasin de vêtements.

Il y a aussi tous ceux qui ne sont présents que dans les souvenirs de ceux qui racontent. Un cousin, pas si loin, qui emporte nos pensées jusqu’aux plages de Leucate. Un arrière-arrière-grand-père tresseur de paniers. Un de ces chef-d’œuvre de la vannerie – peut-être pas pour tout le monde mais pour moi – trône  malgré son âge dans ma cuisine. Aucun repas de famille sans que la bonté du pépé Paul ne soit évoquée.  Un arrière-grand-père, aussi, coureur cycliste de son état que j’ai trop peu connu mais qui marque de son empreinte la légende familiale des Barrière. Des arrière-grands-pères ou grands oncles, partis trop tôt, dévorés par le Crabe, et qui laissent dans le cœur de nos parents le sentiment indélébile de la perte. Des femmes, ne les oublions pas, elles ont si souvent été à l’arrière-plan. Une arrière-grand-mère, accouchant de jumeaux qu’on plaça sur le poêle pour les réchauffer, une autre qui resta éternellement femme d’exploitant alors qu’elle en fit tellement, avant puis après le décès de son homme. Femmes de ? Non, femmes tout court. Plus loin, les arrière-arrière-grand mères. Leurs histoires sont moins connues et son emplies de crainte. Lorsque je pense à elles je vois des femmes sèches et ridées, dont on retient surtout la rudesse.

Autour de Madie il y a tout : l’agriculture, le monde ouvrier, l’éducation, le paramédical, le patronnat, le salariat, les fins de mois difficiles et le confort matériel.

La ville, sa ville, Marseille et ses gros titres, Marseille et sa crasse, Marseille où on fait connaissance avec les bombes au poivre à 2 mois. Son soleil, son ciel sublime, la mer, belle dehors dégueu dedans.

La campagne, le Lot-et-Garonne, lieu de nos origines et de nos racines. Où les coteaux abritent encore la majeure partie de nos familles. Où les enfants comme moi grandissent en voyant leur mère préparer le canard sur la table de la salle manger. Où les gosses comme Fabien regrettent l’absence de skate-park. Une campagne où l’on a appris ce qu’est l’ennui. Que nous aimons mais fuyons quand même un peu. Trop de calme nous aura donné le goût du fourmillement incessant de la mégalopole.

Autour de Madie, il y a une créature à quatre pattes, membre intégrant de la famille, qui oscille gentiment entre jalousie et curiosité face à celle qui l’a malgré tout un peu détrôné.

Autour de Madie, il y a vous, il y a lui, il y a moi.

Autour de nous, il y a Madie. Petite fille exquise qui remplit tout, illumine tout, transforme toutes les journées en pépites. Avec elle tout est fort, tout est nouveau. Dans son cœur de bébé, tout vaut la peine d’être vécu, toutes les minutes sont pleinement habitées. Elle nous apprend à vivre à hauteur d’enfant. A profiter de la vie. Autour de nous, il y a Madie.